Il existe une connexion sacrée dans l’univers,
d’après les stoïciens.
Pour comprendre pleinement les concepts d’immanence ou de
déterminisme dans un perspective stoïcienne, il faut se défaire de notre
tendance à penser le monde en termes purement matériels ou mécaniques. de notre tendance à penser
le monde en termes purement matériels ou mécaniques. Les Stoïciens, voyaient
l’univers comme un tout vivant, structuré et rationnel.
Au fondement de ce cosmos,
deux principes fondamentaux agissent ensemble pour produire la réalité :
le principe actif et
le principe passif.
Le principe passif, d’abord, désigne la matière brute, ce à partir de quoi toute chose est faite. C’est la substance indéterminée, inerte par elle-même, qui ne peut ni se structurer ni se transformer sans l’intervention d’autre chose. À lui seul, ce principe est incapable de produire la vie, l’ordre, ou le mouvement. Il est la potentialité, l’élément réceptif.
Le principe actif, quant à lui, est ce qui forme, organise, anime. Il pénètre la matière et lui donne sa structure, sa forme, son dynamisme. Pour les Stoïciens, ce principe actif est le Logos : la raison divine, le souffle rationnel (pneuma) qui traverse toute chose et met le monde en ordre. Il est à la fois cause, intelligence, énergie et cohérence. C’est lui qui fait d’un simple amas de matière un être vivant, un arbre, une planète, un être humain.
Regarde une bougie, sa cire de la bougie représente le principe passif. C’est la matière, la substance brute, potentielle. Par elle-même, elle est inerte, incapable d’action ou de transformation. La flamme, quant à elle, incarne le principe actif. C’est l’énergie, la force qui transforme la cire, qui lui donne forme, chaleur, lumière, mouvement.
Ou bien la terre qui accueille la graine, avec son humidité, ses minéraux, sa stabilité, qui représente le principe passif. Elle est la matière réceptive, le support sur lequel quelque chose peut advenir. La force de germination contenue dans la graine elle-même est le principe actif. C’est cette impulsion invisible, ce logos végétal, qui pousse la graine à se déployer, à devenir racine, tige, puis arbre.
Ou encore le bloc de marbre est le principe passif : matière brute, silencieuse, pleine de potentiel mais sans forme ni direction. La main du sculpteur, guidée par une vision intérieure, est le principe actif : elle taille, façonne, ordonne.
Dans cette conception donc,
rien n’existe indépendamment de ces deux principes, donnant au monde un
caractère profondément unifié, refusant de voir la matière comme « basse » ou
négligeable, et l’esprit comme « pur » ou supérieur. Au contraire, l’un ne peut
aller sans l’autre. La matière est nécessaire, mais c’est la raison qui la rend
vivante, compréhensible et harmonieuse. Ce dualisme n’est ainsi pas un dualisme
de séparation, comme on le retrouve dans certaines traditions philosophiques ou
religieuses, mais un dual-aspect 1 d’une même réalité cosmique : la
nature. Ainsi, apparait là une distinction importante entre de nombreuses
traditions religieuses ou courants philosophiques ont, au fil du temps,
instauré une hiérarchie entre les deux : d’un côté la matière, perçue comme
changeante, corruptible, liée aux désirs et à la mort, qui était souvent
reléguée au rang d’obstacle ou d’illusion ; et d’un autre, l’esprit, en
revanche, qui était vu comme pur, immobile, éternel, seul digne d’être sauvé afin
de rejoindre un royaume spirituel supérieur.
Les Stoïciens, eux, refusent cette opposition.
Ils ne rejettent ni la matière, ni le corps, ni la nature sensible.
Pour eux, le cosmos tout entier est corps et âme à la fois,
Toute réalité est le résultat de l’interaction des deux : la matière et la
raison, le principe passif, et le principe actif. Ne peux-tu pas d’ailleurs
l’observer tous les jours en étudiant ce qui t’est de plus intime : toi.
Tu es aussi composé d’un corps (matière) et d’une âme rationnelle (le principe
actif en nous), capable de jugement, de choix, de direction, non ?
