La deuxième leçon du stoïcisme, intimement liée à la première leçon que nous avons vue « Tu ne peux pas contrôler tout ce qui t'arrive, mais tu peux contrôler ta réaction à ces événements », est d'apprendre à discerner ce qui dépend de toi de ce qui n'en dépend pas.
La vie est interconnectée à toutes choses te disais-je dans un texte précédant. Dans ce grand ensemble {{username}},
il y a des choses sur lesquels tu as une influence directe, et d'autres choses qui échappent absolument à tout contrôle de ta part.
Voici les éléments sur lesquels tu as le contrôle :
Tes pensées,
Tes actions,
Tes réactions émotionnelles,
Tes choix,
Tes attitudes face aux circonstances.
Voici les éléments sur lesquels tu n’as pas le contrôle :
Les actions des autres,
Les pensées des autres,
Les émotions des autres,
La nature imprévisible du monde autour de toi.
Le texte original qui ouvre le célèbre Manuel d’Epictète, annonce en ouverture l’un des plus grands principes fondateurs du stoïcisme :
« Des choses les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous. Ce qui dépend de nous, ce sont nos jugements, nos tendances, nos désirs, nos aversions, en un mot tout ce qui est opération de notre âme ; ce qui ne dépend pas de nous, c’est le corps, la fortune, les témoignages de considération, les charges publiques, en un mot tout ce qui n’est pas opération de notre âme.
Ce qui dépend de nous est, de par sa nature, libre, sans empêchement, sans contrariété ; ce qui ne dépend pas de nous est inconsistant, esclave, sujet à empêchement, étranger.
Souviens-toi donc que si tu regardes une chose libre alors que dans sa nature même elle te rend esclave, et comme étant à toi ce qui est à autrui ; tu seras contrarié, tu seras dans le deuil, tu seras troublé, tu t’en prendras et aux dieux et aux hommes ; mais si tu ne regardes comme étant à toi que ce qui est à toi, et si tu regardes comme étant à autrui ce qui, en effet, est à autrui, personne ne te contraindra jamais, personne ne t’empêchera, tu ne t’en prendras à personne, tu n’accuseras personne, tu ne feras absolument rien contre ton gré, personne ne te nuira ; tu n’auras pas d’ennemi, car tu ne souffriras rien de nuisible. » 1
Tu es libre de penser ou d’agir comme bon te semble.
Mais tu es soumis aux aléas du destin.
Apprends à distinguer clairement ces deux domaines :
ce sur quoi **tu as** le contrôle,
et ce sur quoi **tu n’as pas** le contrôle ;
ce qui **dépend** de toi
et ce qui **n'en dépend pas**.
Ce qui ne dépend pas de toi doit être considéré comme indifférent 2 : ni bon, ni mauvais, car c’est la volonté de la Nature/Raison Universelle (destin) qui s’exprime.
Concentre ton énergie et ton attention sur ce que tu peux influencer directement. A l’inverse, déleste-toi des pensées que se focalisent ce que tu ne peux pas influencer, n’y gaspille pas tes réserves inutilement.
Concrètement,
cela veut dire diriger son esprit vers les actions qui te sont propres,
dont tu es l’architecte (ton travail, ton sport, tes enfants, tes habitudes de vie, tes pensées, ta santé, tes projets, la façon dont tu occupes chaque heure de ta vie), et non pas sur l’extérieur (le mauvais temps qui contrarie tes projets, un coup de fil de quelqu’un que tu espères sans jamais le recevoir etc.).
Si tu apprends à faire cette distinction {{username}}, tu découvriras une liberté intérieure d’une valeur inestimable.
Tu vas construire ta véritable force. Une force qui se nourrit du ton discernement, de ta détermination, de ta résilience quand l’adversité s’annonce.
**Libre**.
C’est le mot le plus important ici.
Il est une théorie intéressante développée par Eckhart Tolle dans son livre à succès Le pouvoir du moment présent - Guide d'éveil spirituel 3.
Selon lui,
les gens ne sont pas libres parce qu’ils
ont tendance à s'identifier fortement à leur mental qui produit en permanence des pensées négatives, des soucis, des regrets liés au passé ou des inquiétudes concernant le futur. Il soutient que cette identification au mental crée une forme de compulsion à entretenir des émotions négatives ; que l'esprit humain a une propension à se perdre dans des pensées incessantes, souvent axées sur des problèmes, des conflits, des peurs, etc. ; et que cela devient avec le temps, une habitude inconsciente ; mais surtout une **identification à un état mental** qui perpétue le cycle des émotions négatives.
Autrement dit, Eckhart Tolle nous explique que les gens **entretiennent** souvent leurs émotions négatives parce qu'ils sont pris dans l'identification à leur mental.4
Tu serais donc complaisant vis-à-vis de ton malheur parce tu t’es tellement longtemps perdu dans tes pensées qu’à chaque instant où tu les retrouves, elles te rassurent ?
Toute théorie porte en elle sa contre-théorie, je te laisse donc cette idée pour qu’elle te laisse à réfléchir. Je ne veux pas faire de leçon de psychologie ; mais il me semble que comprendre ce qui se passe dans nos têtes peut aider à interpréter des phénomènes qui nous échappent.
La clé de la libération résidant dans la compréhension.
Alors prends peut-être un peu de temps pour te pencher sur ce point.
Quoi qu’il arrive, la conclusion de Eckhart Tolle comme la mienne sont identiques : quand tu libère de l’emprise de ces émotions, tu te libères.
Voilà, à la fin des fins, l’objectif, se libérer du mal,
pour ne plus avoir mal.
Être libre de tes tracas, de tes anxiétés, de tes doutes et peurs, parce que tu as appris à contrôler ton âme.
Tu seras libéré du fardeau de vouloir contrôler chaque aspect de ta vie et tu pourras accueillir avec sérénité l'incertitude.
Tu te concentreras sur ce qui compte réellement : ce sur quoi tu as le contrôle,
& libèreras ton mental de ce que tu ne contrôles pas.

