
Ce ne sont pas les choses qui nous troublent, mais le jugement que nous portons sur les choses.
Les trois principes fondamentaux dont je vais parler dans cette leçon et les deux suivantes sont les plus essentiels {{username}}.
Ces trois principes résultent de la compréhension de ta place dans l’univers, que nous avons vu lors de la leçon précédente.
Ces trois principes sont le cadre structurant que nous offre le stoïcisme.
Ils sont ta sainte trinité.
Dans ton esprit d’apprenti philosophe, ces trois principes devrait raisonner comme des mantras. Laisse-moi te dire : si tu es avec moi dans ce cours pour changer ta façon de penser, pour apprendre à contrôler ce qui se passe là en haut (dans ta tête), si tu souhaites vraiment prendre le contrôle de tes pensées ; alors tu te dois d’ancrer ces trois principes au plus profond de toi. Qu’ils prennent le premier rang dans l’échelle de tes pensées, enfouis sous ta chaire et rayonnant à l’intérieur comme le magma, éclatant d’une énergie sans pareil et qui assure au tout – ton être, son unité ; forgée autour d’un noyau indestructible. Un noyau que rien ne peut ébranler. Comme le cœur bouillonnant et éternel du soleil, ces mantras nourriront ta force intérieure, ton énergie, ta résilience, ta paix d’esprit, ta constance 1. Ne faisant plus qu’un avec eux, tu deviens invisible, plus rien de peu t’atteindre. Oui tu seras triste par moment, car tu n’es pas fait de pierre 2, tu es un animal doué de raison, et à ce titre, tu ressens des choses et c’est normal ; mais quand tu vis par ces principes, que tu t’en es fait ta religion personnelle, tu ne laisses pas ces sentiments prendre racine et bousiller ta vie.
Alors, si vraiment tu souhaites vivre avec ses principes ancrés en toi, tu dois les connaître par cœur, ils doivent devenir en quel sorte une seconde nature. Chacune de tes actions, de tes pensées, doit devenir une incarnation de ces trois principes.
Ces trois principes sont :
1/ Tu ne peux pas contrôler tout ce qui t'arrive, mais tu peux contrôler ta réaction à ces événements
2/ Distingue ce qui dépend de toi de ce qui n'en dépend pas
3/ Accepte que le changement soit une constante dans la vie.
Voilà pour l’introduction aux trois leçons qui vont suivre.
Maintenant, regardons ensemble ici le premier des trois grands principes :
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Epictète :
« Ce ne sont pas les choses qui nous troublent, mais le jugement que nous portons sur les choses » 3.
Cette phrase est certainement l’une des plus importante, et de fait l’une des plus connue du Stoïcisme. Elle englobe en elle-même l’essence de tout un système, elle te ramène à une idée fondamentale : ce sont tes pensées, ton jugement, càd la façon dont tu perçois un évènement qui te troublent. Et si tu ne peux pas changer le cours de ces évènements qui forment ce que nous appelons communément « la vie », tu peux contrôler la façon dont tu y réagis.
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Les trois premiers principes que je vais t’exposer sont les plus essentiels {{username}}.
De ces trois principes découlent les fondements mêmes de toute la théorie stoïcienne.
Le premier de ces principes est :
Tu dois concevoir ta vie comme une série d'événements sur lesquels tu n'as pas _toujours_ de contrôle, mais tu peux contrôler ta réaction à ces évènements.
Dans l’autre sens : tu n’as pas de contrôle sur la série d’évènements qui constituent ta vie, mais tu peux contrôler ta réaction à ces évènements.
— C’est assez évident cela mmmarcus. Je sais bien que si je regarde par la fenêtre là maintenant et que je vois qu’il pleut, je n’ai pas de contrôle là-dessous.
— T’arrive-t-il de te plaindre quand il pleut ? … parce que disons ... tu avais prévu de faire un barbecue dans le jardin avec des amis ?
— Evidemment !
C’est là le problème. Pourquoi te prendre la tête sur quelquechose sur lequel tu n’as pas de contrôle. Ca n’a pas de sens. Il pleut, il pleut. Peut-être te retrouveras tu avec tes amis à l’intérieur, et tu passera untrès bon moment, et peut-etre même, l’atmosphère sera-t-elle plus propice aux confidences, à des moments de rigolades plus intimes que l’atmosphère d’intérieur crée. Ou alors, peut-être annuleras-tu tout, et passeras un moment sympa avec ta compagne ou ton compagnon – et il s’avère peut-être même d’ailleurs que ton couple en avait vraiment besoin de ce moment.
Je sais c’est beaucoup de peut-être.
Mais ils sont là pour te dire toutes les potentialités peuvent mener au bonheur. Quels que soit les évènements.
Evènement : soleil aujourd’hui : cool, tu peux faire ton barbecue comme prévu.
Evènement : pluie aujourd’hui : tant pis pour le soleil, tu trouveras une alternative aussi cool.
Ton jugement, à toi reste constant.
Tu n’es pas insensible aux choses, tu es tempéré.
Certains pourraient dire que c’est évident, et tant mieux, cela veut-dire qu’il existe en eux les bases d’une approche stoïque à leur quotidien.
Evident pourrais-tu donc te dire.
Et pourtant.
Combien d’entre nous pensent-ils pouvoir tout contrôler ?
Combien d’entre nous veulent-ils pouvoir tout expliquer ?
Tu dois t’imprégner d’un fait : toutes les circonstances qui se présentent à toi sont toutes la **résultante** de la Raison Universelle.
Appelle-la destinée,
loi cosmique,
la Nature du Tout,
ou même ne l’appelle pas du tout ; trouve simplement la dénomination qui fait écho à ta conception du monde.
Face à cette destinée, la force unique, salvatrice, que nous possédons tous, toi, ou n’importe qui d’autre sur Terre ; est celle du contrôle que tu peux exercer sur tes pensées, de ta réaction face aux évènements que la nature met sur ton chemin.
Ces réactions-là sont au nombre de 4 selon les stoïciens, des émotions irrationnelles, des « passions » comme les appellent les anciens : le désir, la peur, l’affliction et les plaisirs. Nous y reviendrons en détails plus tard.
Ce contrôle là est ton salut.
Ton arme absolue.
Le contrôle de ton mental attenue la douleur mentale. C’est l’unique chose qui te donne réellement le plein pouvoir.
Imagine-toi seul sur ton bateau,
en pleine mer.
Cette mer, calme et enveloppante.
Tu viens de pécher, et savoure un poisson grillé sur le pont arrière de ta petite embarcation. Et puis, à peine as-tu temps de profiter de ce bonheur simple, que le ciel s’assombrit au loin. Déjà, la tempête arrive. La mer se déchaine, les vagues s'abattent sur toi, menaçant de te faire chavirer à tout moment. **Tu ne peux pas** arrêter la fureur de l’eau, ni changer la nature des éléments qui ne te veulent pas de mal à toi, mais qui sont juste là, dans toute leur puissance et leur indifférence.
Que peux-tu faire alors ?
Te figer ?
Te préparer à mourir ?
Ou **choisir** de ne pas paniquer, de garder ton sang-froid et de prendre les décisions qui pourraient bien te sauver la vie.
Ta vie, toi, ton mental,
c’est cette personne sur ce bateau.
Les évènements extérieurs,
la mer sur laquelle tu navigues.
Tantôt douce et plaisante, tantôt menaçante.
C’est le monde extérieur.
C’est la Raison Universelle qui se manifeste sous tes yeux.
Dans ta vie quotidienne, des tempêtes de toutes sortes s’abattent sur toi. De petits coups de vents comme des ouragans : la perte d'emploi, une relation qui se brise, une maladie qui frappe à ta porte.
Une personne érudite un jour t’a dit : « la vie n’est que chaos », ce qui n’est pas tout à fait une idée stoïcienne, mais admettons pour aujourd’hui.
A toi de te préparer au mieux à ce chaos. Tu as le pouvoir de faire face aux choses, en acceptant que tu ne peux tout contrôler, que tout ne dépend pas de ta volonté, en t’exerçant, à exercer ce contrôle.
Ce que tu lis là est l’enseignement le plus fondamental du stoïcisme.
Marc Aurèle le formule comme tel : « L’âme de l’homme ne saurait s’infliger une plus cruelle injure, [que lorsqu’elle] prend en mal quoi que ce soit dans ce qui arrive. » 4
Alors que dois-tu faire lorsque qu’un évènement douloureux arrive ?
Voilà ce que tu dois faire : au lieu de te laisser submerger par le désespoir ou la colère, choisis de regarder au-delà des circonstances que tu ne peux pas contrôler, et focalise-toi sur ce qui est réellement en ton pouvoir : ta réaction intérieure. Dans ces moments, entraîne-toi à garder un esprit stable et tranquille. Prends du recul, observe la situation avec une perspective plus large, cela t’aidera à relativiser. Et utilise ton intelligence {{username}} pour trouver la meilleure voie à suivre.
Tu peux choisir d'accepter les défis qui se présentent à toi comme des opportunités d'apprentissage et de croissance, et d’y travailler.
Tu peux choisir de ne pas laisser les circonstances extérieures dicter ton état intérieur, et d’y travailler.
Tu peux choisir d'être fort, résilient et sage, et d’y travailler.
~
Cet apprentissage n’est pas une partie de Candy Crush ni une barre de chocolat à effet immédiat.
La sagesse n’est pas innée.
Elle est le fruit d’un investissement personnel.
Celui qui maîtrise un domaine a dû consacrer des longues heures à travailler sa matière. Un ébéniste, un guide de montagne, un chef cuisiner, un écrivain de renom... des années entières, des décennies à peaufiner leurs savoir. L’expérimentant, mettant à jour leur corpus personnel de connaissances au gré de leurs apprentissages, que ce soit dans un atelier qui sent la sciure, ou le long des sentiers de haute-montagne.
L’apprentissage du stoïcisme est aussi un apprentissage au temps long.
Pas nécessairement complexe, mais qui d.e.m.a.n.d.e d.u t.e.m.p.s. Un temps nécessaire afin que ta pensée puisse graduellement et à son rythme, intérioriser un certain nombre de concepts qui doivent comme le bon thé, infuser avant d’être savouré.
Celui qui aspire à devenir sage commencera à récolter les fruits de son travail qu’après s’être réellement investi dans son œuvre, animé par une aspiration profonde : celle de devenir un être meilleur.
Soit l’artisan de ta pensée.
Prends le temps comme tout bon artisan, de l’apprentissage.
Et bientôt,
tu n’auras plus à penser contrôler tes pensée,
instinctivement, tu le feras.