
La philosophie consiste à redresser son caractère, rien de plus.
Pierre Hadot dans son ouvrage revient sur le caractère de la philosophie :
« Comme l’avait dit Epictète, la philosophie ne consiste pas à coucher à la dure ou à écrire des dialogues, ce n’est pas porter un manteau, mais à redresser son caractère. Elle ne réside ni dans l’enflure sophistiquées, les dissertations livresques, des déclamations prétentieuses, ni dans l’ostentation, mais au contraire dans la simplicité. » 1
Nous pouvons tous être tentés de nous gargariser de nos exploits, de notre attachement à des principes qui nous sont forts. C’est tout naturel. L’Homme vit au travers de ces attachement à des valeurs qu’il a assimilé avec le temps. Les séries que tu regardes, ton dernier voyage, ta position dans la hiérarchie sociale. Ton apprentissage philosophique.
Sur ce dernier point {{username}}, tu peux être tenté de répandre la bonne parole ; comme le ferait un croyant qui chercherait à convertir à son culte ceux que son chemin croise, devenant au passage, dogmatique dans ses propos.
Tu connais cette personne.
Ne soit pas cette personne.
Celle qui s’engouffre dans le gouffre sans lumière de la spiritualité. Elle devient aveugle aux richesses spirituelles extérieures. Elle s’enferme dans son microcosme, dans l’étroitesse de sa pensée ; s’écoutant te parler de sa passion, rabâche des théories qui n’intéressent qu’elle. Elle s’enorgueillit souvent tout en le niant.
Si tu choisis de devenir stoïcien, ou dans une moindre mesure d’emprunter au stoïcisme certains de ses principes pour mener une vie plus heureuse, il n’est pas nécessaire que tu te mues en philosophes et que chaque conversation ne se transforme en une leçon de vie. Bien sûr tu auras maintes fois l’occasion de disserter avec des proches ou une connaissance de soirée. Mais tu n’as pas besoin d’étaler ta connaissance à chaque ouverture. En fait, la plupart du temps, garde-là pour toi. Vis cette connaissance intensément. Qu’elle s’imprègne en toi comme on apprend à pratiquer un sport. Là où une pratique maitrisée d’un sport laisse le corps s’exprimer mécaniquement sans que tu n’aies besoin de penser au geste à exécuter, la philosophie guide tes pensées et tes actions sans que tu n’aies besoin de le conscientiser.
Quand tu auras intégré les concepts du stoïcisme, tu vivras comme un stoïcien. Tu n’auras pas besoin de le montrer au monde, car tu l’incarneras naturellement, de tout ton être. Les gens diront de toi que tu as tranquille, que tu es zen, que tu as du sang-froid. En réalité cet esprit que tu dévoiles désormais au monde est nourri d’années de lecture, de pratique, d’ajustements intérieur qui ont façonné ta personnalité. Et pour cela, tu n’as pas besoin de théoriser tout, ou de philosopher à tout bout de champ. Je te l’ai dit en début de programme : ce cours n’a pas vocation à faire de toi un théologien, et il n’a pas non plus vocation à faire de toi le mec de soirée que l’on évite. Ce cours a pour vocation de te transformer intérieurement.
La philosophie est le travail de la transformation intérieure.
Peu importe les auteurs, des concepts, des dates. Tout ce que tu sais n’a d’intérêt que si tu le mets en action.
Cette mise en action pour nous apprenants stoïciens se traduit pas une façon particulière de se comporter. Une façon apaisée de parler, assumée de se mouvoir, détendue dans son caractère ; parce que l’on sait toi et moi, que tout est l’œuvre de la Raison Universelle. Ainsi, dans toute ton attitude se dégage sérénité.
C’est cela pratiquer de façon simple. Être sans le laisser paraître.
La simplicité, c’est effacer le propos pour ne laisser que l’énergie pure qui émane de toi occuper l’espace. C’est toi, dépouillé des artifices de pacotille et de faux-semblants.