
Nous sommes le fruit d’une loterie.
Ce n’est pas ce que dirait le stoïcisme originel. Cette philosophie nous enseigne que tout obéit à une volonté universelle, fondamentalement bienveillante, et que les hasards de nos vies s’inscrivent dans un grand Tout harmonieux. Ce grand Tout, animé par une intention cosmique, intègre les mille facettes de nos existences, qu’elles nous apparaissent comme les pires épreuves ou les meilleures bénédictions, contribuant ainsi à l’équilibre de l’univers.
Le stoïcien ne croit donc pas au hasard ou au chaos. Il croit dans un ordre précis que nous ne pouvons appréhender du fait de notre condition : nous ne sommes que de petits êtres de chair et d’os au temps limité dans l’immensité.
Malgré tout,
cette logique stoïcienne s’apparente il est vrai dans nos petits mais stupéfiants cerveaux, à une forme de loterie ;
une loterie où se mélangent les perdants et les gagnants,
les riches et les pauvres.
Cette loterie n’est néanmoins par le fruit d’un hasard total. Elle est d’un point de vue scientifique la résultante d’une mécanisme complexe où se mélangent notre patrimoine génétique, nos expériences de vie et les circonstances qui nous entourent.
Je lisais cet article 1 dans lequel une neuroscientifique 2 nous explique que notre génome – l’ensemble de notre matériel génétique, dicte une partie de notre fonctionnement, mais ce que nous devenons dépend aussi de mille autres variables :
- le contexte de notre vie intra-utérine,
- notre alimentation,
- nos relations,
- nos habitudes de vie et même,
- les influences sociales et environnementales qui marquent notre existence.
Chaque interaction, chaque moment de notre enfance vient façonner notre cerveau, nos mécanismes de récompense, et par extension, notre rapport à des objets aussi abstraits mais puissants que l’argent.
Dans cet article, {{username}}, nous parlons de notre rapport à l’argent et plus précisément, de nos pulsions d’achat, de notre envie de posséder.
L’argent fait tourner le monde, mais surtout la tête.
Et justement, tout se passe dans ta tête :
Si, dès le départ, tu es exposé à des circonstances défavorables—manques affectifs, insécurités, ou un environnement instable—ton cerveau peut en porter les traces.
La recherche nous a montré que cela pouvait altérer des zones clés comme l’hippocampe ou le cortex préfrontal, augmentant ainsi les risques d’anxiété, de dépression et de troubles de l’attention. Dans cette alchimie complexe, notre système de récompense joue un rôle central : c’est lui qui nous pousse à chercher des plaisirs, à ressentir de la satisfaction, mais aussi, lorsqu’il est déséquilibré, à adopter des comportements irrationnels ou incontrôlés face à des stimuli comme l’argent.
Lorsque ce système est trop sollicité—par des prédispositions génétiques, des blessures affectives, ou encore une exposition constante à des désirs matériels insatiables—il peut devenir un moteur d’excès. Cette quête effrénée de satisfaction, ne se limite pas à une envie passagère. Elle reflète souvent des besoins plus profonds : une quête de validation sociale, un désir de reconnaissance, ou même un effort inconscient pour combler un vide émotionnel.
Si l’on regarde de plus près cette compulsion d’acheter. Une nouvelle paire de chaussures, une belle montre, ou ce cabriolet dont la peinture scintille sous les rayons du soleil. Ces objets, bien que matériels, sont souvent investis d’une charge émotionnelle. Ils deviennent les symboles d’un « mieux-être » illusoire, d’un sentiment temporaire de contrôle ou de réussite.
Mais voilà : une fois l’achat réalisé, cet élan d’euphorie s’estompe rapidement, souvent remplacé par un vide plus grand encore. Pourquoi ? Parce que l’objet en lui-même n’a jamais été la solution. Il ne faisait qu’apaiser momentanément un déséquilibre émotionnel ou neurologique sous-jacent.
Peut-on maîtriser ces élans pour vivre plus simplement ?
La réponse,
heureusement,
est oui.
Et le moyen d’y parvenir réside dans la raison.
Notre cortex préfrontal, cette partie du cerveau qui mûrit tardivement, autour de 21 ans, est le siège de notre rationalité et de nos capacités de prise de décision. C’est lui qui agit comme un frein face à nos envies impulsives. Lorsqu’il est activé, il libère un neurotransmetteur appelé GABA (acide gamma-aminobutyrique). Ce neurotransmetteur joue un rôle clé en inhibant les excès du système limbique, cette zone primitive du cerveau responsable de nos pulsions et de nos montées de dopamine. Le GABA régule l’activité neuronale et agit principalement comme un « frein » dans le système nerveux central, en inhibant les signaux excitateurs excessifs.
Mais ce processus n’est pas automatique. Cultiver cette maîtrise – ton GABA, demande de l’entraînement.
Quels sont les exercices ?
Tu les connais déjà n’est-ce pas ?
Nous les connaissons tous, mais ce sont ceux qui sont les plus difficiles à mettre en œuvre, parce qu’il est si facile de céder à nos pulsions. Et pourtant ce sont ces exercices qui te permettront, petit à petit de mieux maîtriser celles-ci : méditation, pleine conscience, alimentation saine, repos réparateur…
Ça c’est pour le travail sur le long-terme, ton fil rouge.
Il est important, dans ta quête de bien être de s’y consacrer.
Mais dans l’instant où la pulsion frappe à la porte, il n’y a qu’une seule chose à faire : réfléchir, et ainsi ralentir le processus décisionnel, permettant de se poser des questions rationnelles : « Ai-je vraiment besoin de cela ? » ou « Est-ce cohérent avec mes priorités ? » Un exercice de réflexion sur tes priorités va alors instantanément renforcer l’activité de ton cortex préfrontal ; et enclencher l’activité du neurotransmetteur (le GABA). Il s’agit donc d’un effort de compréhension de soi. « Pourquoi cet achat m’attire-t-il autant ? », « Quel vide est-ce que je cherche combler ? », « Quelle insatisfaction se cache derrière ce besoin ? » Ces questions ne sont pas faciles, mais y répondre t’aidera à sortir du cercle vicieux de la gratification immédiate, qui n’est qu’une chimère.
Et ainsi,
nous en revenons aux fondements de la philosophie : raisonner pour se connaître, se connaître et se comprendre pour mieux tempérer ses envies.
Et ainsi,
nous déconstruisons un mythe : le stoïcisme ne consiste pas à rejeter ces émotions, mais à les comprendre pour mieux les maîtriser.
Ce qui me fascine tu vois {{username}}, c’est de constater avec un certain plaisir que nos ancêtres savaient déjà ce que la science confirme deux milliers d’années plus tard : les philosophes de l’antiquité nous disaient : soit rationnel pour être heureux, la science moderne nous confirme que la rationalité réduit l’anxiété.
~
L’argent et les objets ne sont que des reflets de nos aspirations, de nos blessures et de nos valeurs. En apprenant à observer et mettre à distance ces élans qui nous poussent à acheter, à posséder, sans y céder automatiquement, nous nous réapproprions notre pouvoir.
Alors oui, réguler ces pulsions est un défi.
Mais ce n’est pas impossible. Cela demande de cultiver une conscience de soi, de comprendre les racines de tes désirs, et d’apprendre à écouter cette petite voix rationnelle qui t’invite à ralentir, à réfléchir, à choisir.
Ce n’est pas l’argent ou l’objet qui doit te dominer, mais ta propre raison éclairée qui doit guider tes choix.
L’argent, comme tout le reste, ne doit pas être notre maître. Il doit être un outil.
À nous de décider si nous en faisons
un levier pour notre épanouissement,
ou une chaîne qui nous emprisonne.