
La haine ne parle presque jamais de toi, elle révèle les blessures, les peurs et les renoncements de l’autre.
Dans ta vie tu as certainement rencontré des haineux,
peut-être en ligne, dans ton groupe d’ami, au travail, et même en famille.
Si tu traînes sur la grande toile digitale, c’est là que les haineux se
manifestent le plus, lâches qu’ils sont. Tu les trouve dans les sections
commentaires, les forums, les messages privés, tapis derrière des écran,
honteusement. Dans la vie réelle, ils prennent plusieurs formes, passifs ou
actifs, tantôt ils rôdent en silence, tantôt ils attaquent à découvert. Dans
les deux cas, que ce soit dans le virtuel ou dans le réel, ils dégainent les
mêmes mécanismes : ils harcèlent, se moquent, dénigrent, parfois
frontalement, parfois par de petites piques lâches et répétées.
Du poison
déguisé en opinion.
Pourquoi les haineux haïssent-ils ?
Pourquoi l’univers pourrait-on se demander, a créé des êtres si petits
d’esprit ?
Søren Kierkegaard, le philosophe danois en a fait lui-même l’expérience. L’homme a été traîné dans la boue. Moqué. Persécuté, non pas par un tyran ou un ennemi avéré, mais par les badauds, les anonymes, ceux qui ont eu besoin de détruire nous explique-t-il 1, ce qu’ils n’ont pas oser devenir.
Et ça, ça nous dit quelque chose d’essentiel : la haine, bien
souvent, n’est pas une réaction à ce que tu es, mais un reflet de ce que
l’autre n’arrive pas à être.
Si tu crois que la haine te vise directement, ce n’est pas le cas. La haine de
l’autre ne parle pas de toi, elle parle de celui qui l’émet. De ses
frustrations. De ses échecs. De ses peurs.
Quand quelqu’un te voit briller, il est mis face à sa propre ombre. Quand toi tu
avances avec courage, il se souvient de toutes les fois où lui, a reculé ;
et le problème alors avec ce genre de personne est que là où toi ou d’autres
s’attacheraient à comprendre et apprendre ce qui t’a fait avancer quand eux ont
stagné, ils attaquent car ils se sentent rabaissés. Tu n’y es pour rien toi, tu
n’as rien demandé, mais lui, elle, se comparant à toi et ne sachant pas comment
réagir face à ce sentiment d’infériorité, t’agressent. Parce que quand tu es là
juste en étant toi, qu’il t’arrive peut-être de briller grâce à telle ou telle
chose, eux se voient dans le miroir tel qu’ils auraient peut-être voulu être,
ou tel qu’ils auraient voulu oser être, mais qui ne sont pas. Ce n’est pas ta
singularité qui les rend comme ça, c’est le miroir que sans le vouloir, tu leur
tends.
Alors, quand tu reçois une critique gratuite, une pique, un regard méprisant, pose-toi la question : est-ce que cela parle vraiment de toi ? Ou est-ce que tu viens, sans le vouloir, de toucher un point sensible chez l’autre ? Est-ce que ta simple existence, ton mouvement, ton expression libre, n’est pas en train de réveiller une douleur enfouie que celui-la ou celle-ci n’a jamais voulu regarder ?
Quoi qu’il arrive, tu n’es pas responsable de leur réaction
Mais tu peux choisir ta réponse :
Sois-tu t’éteins un peu, pour ne pas déranger.
Soit tu restes debout.
Calme.
Fièrement imparfait.
Et tu continues d’avancer,
parce que tu n’as pas envie de porter cette haine comme un manteau trop lourd
qu’on t’aurait mis sur les épaules, tu le laisses simplement tomber.
Peut-être d’ailleurs, peux-tu, avec un peu d’imagination, voir dans la haine un compliment déguisé. Mal enveloppé, certes, mais un compliment tout de même du type : Tu me rappelles quelque chose que j’ai perdu en moi. Ou que je n’ai jamais eu le courage de poursuivre, cette haine dirigée vers toi pourrait-elle en fait te dire indirectement.
D’ailleurs, renversons l’analyse, quand toi, tu réagis à quelque offense de quelqu’un par la haine, c’est peut-être toi qui est en train de projeter une frustration sur l’autre. Mais je pense que cela t’arrivera de moins en moins, parce que tu es là, avec moi, dans cette app, à tenter de te transformer, avec une intention pure j’en suis sûr.
Continue.