
Un rappel percutant que la colère n’est pas seulement une faiblesse personnelle, mais une force capable de ravager des vies, des villes et même des peuples — et pourquoi l’apprivoiser est essentiel pour une vie saine et apaisée.
« Jamais fléau ne causa autant de dégâts à l’humanité : meurtres, empoisonnements, actes ignobles de deux parties adverses, villes dévastées, nations entières anéanties, leurs chefs vendus aux enchères, des incendies criminels ravageant les demeures, puis hors des murs des cités, répandant au loin la lueur sinistre de vengeances impitoyables. Telles sont les œuvres de la colère. Cherchez ces cités autrefois si célèbres, et dont il est difficile aujourd’hui de retrouver l’emplacement : qui les a renversées ? la colère. Voyez ces terres désertes sur d’immenses étendues, vides de toute habitation : c’est la colère qui en est la cause. Considérez tous ces grands personnages, cités dans nos mémoires comme des victimes d'un destin tragique : la colère frappe l’un dans son lit, la colère égorge l’autre lors d’un banquet sacré ; elle immole un magistrat en plein forum et devant les tables de la loi, force un père à tué au poignard par son fils, un roi à être égorgé par un esclave, un autre à mourir crucifié.
Et encore ne raconté-je là que les tragédies individuelles ; que dire de ces victimes isolées ? Tes yeux y verraient alors des assemblées entières massacrées, des nations proscrites en masse et vouées à la mort …