Quand le stoïcisme dit « distingue ce qui dépend de toi de ce qui ne dépend pas de toi », il te propose un exercice de délimitation.
Il faut que tu saches délimiter ton moi du reste, de l’extérieur.
C’est un exercice de délimitation.
Le mot délimitation ici est très important {{username}}, car il est très explicite.
Imagine-toi une forteresse, la tienne, celle de tes pensées, ta propre « forteresse intérieure » 1 , délimitée par une frontière par-delà laquelle le monde extérieur s’agite.
Imagine-toi cette forteresse, cette citadelle.
Une citadelle telle de celles que tu vois dans les séries de fantasy ou les films représentant des scènes du Moyen Âge. Tu y vois une la partie fortifiée d’une ville, ceinturée de bastions et donjons qui protègeraient ses habitants dans le cas d’une invasion extérieure. C’est de là que le commandement peut continuer à opérer même sous la pression d’un envahisseur.
_/\ Cette citadelle, c’est ton principe directeur 2 de là où tu établis ta stratégie ;
_/\\ ces bastions qui protègent la cité, ce sont les outils que tu utilises contre tout ce qui est extérieur à toi ;
_/\\\ ces envahisseurs, toutes ces choses extérieures qui s’attaquent à ta paix intérieure : [1] les autres, [2] le passé et l’avenir, [3] les émotions involontaires, [4] le flux des évènements.
C’est un monde extérieur dont je te fais part là, ces quatre extérieurs, c’est Marc Aurèle qui nous en parle de la sorte :
« Si tu sais écarter loin de toi, je veux dire de ta pensée,
[1] tout ce que font les autres hommes, tout ce qu’ils disent ;
[2] si même tu en écartes tout ce que personnellement tu as pu faire jadis, ou tout ce que jadis tu as pu dire, tout ce qui te trouble dans l’avenir,
[3] tout ce qui ne concerne que le corps qui t’enveloppe et le principe de vie que tu as reçu à ta naissance, sans que tu n’y sois pour rien,
[4] tout ce que roule à l’extérieur le tourbillon dont les flots t’environnent,
de telle manière que la force intelligente, dégagée de l’empire du destin, pure et libre, vive de son propre fonds, pratiquant la justice, acceptant tout ce qui lui arrive, et ne disant jamais que la vérité ; si, dis-je, tu isoles de ton esprit ainsi disposé toutes les relations du corps, dont il subit le contact, du temps qui doit suivre, du temps qui a précédé, tu deviendras comme le dit Empédocle, un Sphærus arrondi, goûtant son fier repos. » 3
Dans les quatre entrées qui vont suivre, tu vas étudier en détail chacun de ces cercles comme les nomment Pierre Hadot.
Essaie de t’en souvenir,
ce qui est extérieur à toi :
[1] les autres,
[2] le passé et l’avenir,
[3] les émotions involontaires,
[4] le flux des évènements.
A bientôt {{username}}.


