Et si, à partir d’aujourd’hui, tu cessais de
réagir au monde… pour commencer à le comprendre ?
Le stoïcisme n’est pas une idée.
C’est un art de vivre.
Et ça commence maintenant.
Bienvenue, {{username}}.
Tu commences aujourd’hui ce programme qui a pour but de t’initier à la
philosophie stoïcienne, et je suis vraiment content que tu sois à mes côtés.
Avant toute chose, laisse-moi te poser une
question :
Qu’est-ce qui t’a poussé à venir ici aujourd’hui ?
Une tension intérieure qui ne passe pas ?
Un besoin de retrouver du calme ?
L’envie d’y voir plus clair dans ta vie ?
Tu n’as pas besoin de répondre maintenant. Mais
garde cette question en tête car tout ce que tu vas lire ici, tout ce que tu
vas pratiquer, c’est pour toi. Pour ce moment-là. Celui où tu en as eu assez,
et où tu t’es dit : « Je veux mieux. »
Je suis content que tu sois là, car ce programme, j’en suis sûr, va t’apporter beaucoup. Dès les premières leçons, tu ne regarderas plus le monde tout à fait de la même façon, quelque chose en toi va commencer à bouger. Certaines idées que tu te faisais sur toi vont vaciller, d’autres, sur ce qui t’arrive au quotidien, seront bousculées, et peu à peu, tu vas développer une autre interprétation de ton existence.
Non pas une vérité absolue, personne ne la
détient, mais une clarté nouvelle. Une manière plus juste de voir, et donc, de
vivre. De vivre comment ?
De façon un peu plus philosophique.
Mais ne t’en va pas déjà, reste là, avec moi :
Nous ne sommes pas ici pour faire des dissertations ou jouer au plus fin avec
les écrits des grands penseurs. Ce que nous voulons, c’est autre chose : tirer
de vrais enseignements pour la vie. Nous allons faire, presque comme les
stoïciens de l’Antiquité 1 : changer notre façon de voir le monde, pas à pas,
doucement, juste toi et moi, notion après notion, texte après texte,
graduellement.
Et si tu te demandes : Comment une théorie philosophique peut-elle aider une personne ?
Je te répondrais : En changeant sa
perspective sur le monde, en se transformant intérieurement,
en transformant son mental.
Être philosophe est ainsi un état d’esprit.
Dans ce cours, je veux t’apprendre à vivre comme un philosophe, pas à philosopher. Tu vois la nuance ? Peut-être pas encore. Et c’est normal. Les prochains articles t’aideront à y voir plus clair. Ce que je peux déjà te dire, c’est qu’être philosophe, pour nous autres stoïciens, ce n’est pas une question de savoir, c’est une question d’être. Dois-tu pour autant porter des lunettes rondes, un veston en velours et paraître mystérieux ? Non. Tu peux continuer à porter tes Nike et parler comme un ado si tu le souhaites. Parce que tout se joue ailleurs. Tout se joue dedans. Dans cette disposition intérieure que tu portes sans y penser, mais qui filtre ta manière d’agir, de réagir, de traverser tes journées. C’est elle qu’on va interroger. C’est elle qu’on va fortifier.
À Athènes ou à Rome, à une époque dont seuls les vestiges de pierre et les écrits d’aujourd’hui nous rappellent qu’elle a existé, hommes et femmes faisaient le choix, non pas d’étudier la philosophie afin de pouvoir l’enseigner à leur tour dans des salles de classes, mais d’étudier la philosophie pour vivre la philosophie.
Quand j’ai moi-même réalisé cela au cours de mon apprentissage, je me suis dit : ne pourrions-nous pas, nous aussi, hommes et femmes du 21ème siècle pour notre salut, pour le bien du monde, apprendre à vivre nous aussi, comme les anciens, en philosophe ? Ne pouvons-nous pas faire revivre une certaine philosophie, entre téléphone portable et machine Nespresso, entre réunions Zoom et insomnies numériques, une philosophie qui ne reste pas coincée dans les marges d’un livre ou dans les bancs d’un amphi, mais qui s’infiltre dans notre quotidien, qui nous aide à mieux respirer, à mieux choisir, à mieux aimer, une philosophie vivante, exigeante, mais profondément humaine ?
Nous le pouvons,
et c’est cela, ma mission envers toi,
et le seul engagement que je prends en t’ouvrant ce programme : t’aider à
transformer ta disposition intérieure non pas en empilant des idées, ni en
collectionnant des citations, mais en les vivant, en les incarnant, en les
laissant t’imprégner, jusqu’à ce qu’elles deviennent une part de toi. Je veux
que, dès aujourd’hui, peut-être tu révises ce que tu croyais être la
philosophie. Car avoir une approche philosophique ne signifie pas passer ses
journées à disserter dans une salle de fac, ni se perdre dans les couloirs
d’une bibliothèque, ni jongler avec des concepts opaques emballés dans des mots
compliqués ; avoir une approche philosophique signifie vivre en
philosophe.
Et vivre en philosophe, au fond, c’est vouloir améliorer son caractère.
C’est choisir de vivre selon des principes, même s’ils bousculent un peu ceux
que tu avais suivis jusqu’ici.
Pour Épictète, l’une des grandes figures de l’école, vivre comme un stoïcien, et non disserter du stoïcisme, était fondamental. Devenir un grand théoricien était même un piège dans lequel il savait que bon nombre peuvent tomber. Il nous disait : comporte-toi comme un philosophe, c’est la seule et unique chose qui compte :
« Le charpentier ne vient pas dire :
“Écoutez-moi disserter sur la charpente”,
mais il se charge de construire une maison,
et il montre, en la bâtissant, qu’il possède son métier.
Fais de même dans ton genre : mange comme doit le faire un homme, bois,
habille-toi, marie-toi, procrée des enfants,
remplis tes devoirs de citoyen, comme doit le faire un homme.
Accepte les injures, supporte les torts de ton frère, de ton père, de ton fils,
de ton voisin, de ton compagnon de route.
Fais-nous voir tout cela, pour que nous nous apercevions que les philosophes
t’ont réellement appris quelque chose. » 2
Mais —
le stoïcisme, tu vas vite le voir, n’est pas un long fleuve tranquille.
Il y a un piège courant, dans lequel beaucoup tombent.
Et tu ferais bien de l’éviter.
On en parle juste après.

