« Il reste donc uniquement à te souvenir que tu peux toujours te réfugier dans cet espace intime qui n’appartient qu’à toi.
Avant tout, évite de t’agiter, de te raidir ;
conserve ta liberté, et regarde les choses avec la détermination
d’un esprit rigoureux,
d’un homme,
d’un citoyen,
d’un être destiné à mourir.
Puis, entre les principes où la réflexion peut s’arrêter le plus souvent, place ces deux-là :
> la première, que les choses ne touchent pas directement notre âme, puisqu’elles sont en dehors d’elle, ne peuvent être modifiées par elle, et que nos troubles ne proviennent uniquement de l’idée personnelle que nous nous en faisons ;
> la seconde, que toutes ces choses que tu vois vont changer dans un instant, et que tout à l’heure elles ne seront plus.
Enfin, rappelle-toi sans cesse tous les changements que tu as pu toi-même observer.
Le monde
n’est qu’une transformation perpétuelle ; la vie n’est qu’une idée et une opinion. »
~
Réfugie-toi dans ton espace intérieur, inviolable.
Ce que nous voyons et entendons ne doit pas perturber ton âme. Les objets, les paroles, les actions des autres, sont comme des échos qui s’approchent insidieusement et qui doivent ricocher comme le feraient les galets sur une mer calme ; ils ne peuvent te modifier que si tu les laisses entrer dans ton esprit et y semer le trouble.
Tes perturbations ne viennent pas des choses elles-mêmes, mais de l’importance que tu choisis de leur accorder.
