Il est une fausse représentation répandue du sage stoïcien : celui qui ne craint rien, impassible devant tout évènement. Il n’éprouverait jamais de tristesse lors de la perte d’un proche, il ne serait effrayé devant la menace. Il ne serait jamais, en aucune circonstance, troublé.
Ce n’est pas vrai,
Sénèque nous le rappelle :
« Il y a des maux qui atteignent le sage, sans l’abattre d’ailleurs, la douleur physique, l’infirmité, la perte de ses amis, de ses enfants, ou les malheurs de son pays que dévore la guerre. Je ne le nie pas, le sage est sensible à tout cela. Car nous ne lui attribuons pas un cœur de fer ou de pierre. Il n’y aurait de vertu à supporter ce qu’on ne sent point.
Que fait-il donc ? Il reçoit certains coups, mais les reçoit pour les vaincre, pour en guérir et fermer les plaies. » 1
Tu seras troublé.
Tu seras peiné.
Tu auras peur.
Tu auras mal.
Mais celui qui emprunte la voie stoïcienne n’alimente pas ces ressentis. Il les identifie, les comprend, puis les isole. A aucun moment il n’entretient ces émotions involontaires, il sait que son cœur n’est pas faire de pierre, mais il sait aussi qu’il n’est pas une éponge.
Il reconnait sa sensibilité ; mais refuse de consentir. Il absorbe le coup sans le laisser pénétrer, sans vaciller. Il a mal, mais ne met pas le pied à terre. Il empêche le sentiment de pénétrer dans son unité, son intégrité mentale, qui constitue son principe directeur.
Ne pas se laisser abattre.
Reconnaitre l’existence d’une peur ou d’une tristesse sans la laisser prendre le contrôle.
La nature de l’homme est ainsi faite qu’elle ressent les choses, et ça tu ne peux le maitriser par la raison ou l’intellect seul ; nous ne sommes pas des intelligences artificielles. Mais il t’appartient de changer ta perception : vois ces émotions comme extérieures à toi, ne les acquiesce pas, ne participe pas aux troubles qu’elles introduisent en toi.
Voilà comment tu peux voir les choses :
En premier, ton émotion qui se manifeste, un choc qui atteint l’âme par suite d’un évènement. Tu ne peux le supprimer dans l’instant.
En second, ton jugement qui s’épanche. Jugement malléable : tu peux choisir d’entretenir le mal, ou le supprimer. Une fois intégré et disséqué, supprime-le.
Le stoïcien ne nie donc pas les sentiments. Il reconnaît leur existence, mais les décrit comme « involontaires » et comme quelque chose d'extérieur à soi. En tant qu'élément extérieur, tu ne peux pas les contrôler, ils surviennent simplement, comme le mauvais temps au loin. Tout comme tu cherches un abri les jours de pluie, tu peux protéger ton esprit en tenant ces sentiments à distance lorsqu'ils surgissent.
Rappelle-toi, tu n’es pas une pierre, insensible et froide, mais tu n’es pas non plus une éponge, absorbant chaque vague qui te submerge. Tu es un être résilient, capable de traverser les tempêtes de la vie sans perdre ton calme intérieur.
A très bientôt {{username}}.

