
Leurs attentes, leurs jugements et leurs regards biaisés, peuvent exercer une pression sur toi.
Ils sont tout autour.
Leurs regards sur toi dans le métro ; des connaissances qui dans ton dos parlent peut-être, une amie qui lors d’une soirée, a pris sur un bord de table un peu éloigné son ton moralisateur ; tes parents qui à peine secrètement auraient espéré un meilleur parcours pour toi, celui même qu’ils n’ont pas eu ; ta compagne, qui te voudrait plus ambitieux et mieux sapé ; ton chef qui se permet d’évaluer ta performance en fin d’année.
Ils sont partout, omniprésents.
A cause d’eux, tu perds tes repères, ta confiance en toi. Ton mental oscille comme un pendule.
Ce premier cercle, de ce qui est extérieur à toi, ce sont « les autres ».
Leur jugement est une sentence, leur façon de vivre, un étalon dont tu te sers pour comparaison.
Ces jugements,
cette comparaison à eux que tu t’imposes, sont une propension naturelle chez l’humain.
Alors,
Que fais tu ?
Et pour le dire sans artifice et faire raisonner à nouveau en toi une phrase que tu as entendu des milliers de fois déjà : ne te soucie pas des autres.
Ne te soucie pas de ce qu’ils peuvent penser de toi.
Ne te soucie pas de qu’ils font de mieux que toi,
ou de ce qu’ils n’ont pas fait aussi bien que toi.
Ne te compare pas,
ne les jalouse pas.
Ne te soucie pas d’eux et de leurs jugements,
si ce n’est pour servir la communauté, dans un esprit l’altruisme.
Quand tu t’inquiètes des autres, tu consommes inutilement ton énergie, tu te détourne de ce qui devrait être ton principe directeur 1. Ainsi, tu perds ton temps en vain, épuises tes ressources pour quelque chose qui n’a pas d’intérêt.
Les autres.
Ils te hantent parce que tu cherches à leur plaire. Parce que dans tes agissements, tu essaies de trouver leur approbation. Tu subordonnes ton bonheur à une parole bienveillante qui viendrait émoustiller ton amour-propre et satisfaire l’estime que tu as de toi-même.
L’autre, il faut que tu saches en jouir : appuie-toi sur ton prochain pour tout ce que peut t’apporter la richesse de l’échange humain.
Le rapport à l’autre est peut-être ce qu’il y a de plus précieux. Considère ceci : le bonheur est-il d’errer seul dans une villa de luxe sur une ile paradisiaque au milieu du Pacifique, ou manger un morceau de viande coincé entre deux bouts de pain et une mayonnaise bon marché, mais entouré de ta famille et de tes meilleurs amis ? L’épanouissement personnel trouve sa racine dans les liens sociaux ; le stoïcisme le sait naturellement, et engage donc l’Homme à avoir une vie sociale épanouie 2 afin de pourvoir à son bonheur.
L’Homme doit de se connecter aux autres.
Mais « l’enfer c’est (aussi) les autres » te dit dans sa formule le philosophe Jean Paul Sartre.
Leurs attentes leurs jugements et leurs regards biaisé, peuvent exercer une pression sur toi. Confronté constamment à ça, tu te sens oppressé en permanence, même si tu ne le conscientise pas forcément. Insidieusement, tu te noies dans cet enfer psychologique.
Peut-être ne t’en rends-tu pas forcément compte pour la raison précise que les autres représente les deux faces d’un moment pièces. Lumineuse et rayonnante d’un côté, terne de l’autre.
Sartre dénonce la cause,
les stoïciens proposent un remède : considérer les autres comme extérieurs, et en tant que tel, te détacher émotionnellement de leur emprise.
Apprécie leur compagnie. Sois un bon ami. Pars en vacances avec eux et organise des dîners chez toi, mais jamais, dans l'esprit des anciens stoïciens, ne remet ton bonheur entre leurs mains.
Ta joie doit être cultivée de l'intérieur, indépendamment des actions ou de l'approbation d'autrui.
Les autres sont des externes