Comment peux-tu apprendre à maîtriser la colère ?
A travers la pratique consciente et répétée.
Toutes nos habitudes et compétences sont le résultat de nos actions répétées. : nos actions quotidiennes façonnent nos dispositions émotionnelles et mentales. Si tu nourris ta colère par des réactions impulsives, tu renforces cette tendance et rends plus difficile ta capacité à rester calmes face aux provocations futures.
En revanche, si tu choisis consciemment de refréner ta colère, tu vas alors progressivement affaiblir cette habitude.
~
« Toute habitude, tout talent, se forment et se fortifient par les actions qui leur sont analogues:
Marchez, pour être marcheur;
courez, pour être coureur.
Voulez-vous savoir lire? Lisez.
Savoir écrire? Ecrivez.
Passez trente jours de suite sans lire, à faire tout autre chose, et vous saurez ce qui en arrivera. Restez couché dix jours, puis levez-vous, et essayez de faire une longue route, et vous verrez comme vos jambes seront fortes. Une fois pour toutes, si vous voulez prendre l’habitude d’une chose, faites cette chose; si vous n’en voulez pas prendre l’habitude, ne la faites pas, et habituez-vous à faire quoi que ce soit plutôt qu’elle. Il en est de même pour l’âme: lorsque vous vous emportez, sachez que ce n’est pas là le seul mal qui vous arrive, mais que vous augmentez en même temps votre disposition à la colère: c’est du bois que vous mettez dans le feu.
[...]
Si donc tu ne veux pas être enclin à la colère, n’en entretiens pas en toi l’habitude; ne lui donne rien pour l’alimenter. Calme ta première fureur, puis compte les jours où tu ne te seras pas emporté. « J’avais l’habitude de m’emporter tous les jours, diras-tu; maintenant c’est un jour sur deux, puis ce sera un sur trois, et après cela un sur quatre. » Si tu passes ainsi trente jours, fais un sacrifice à Dieu. L’habitude, en effet, commence par s’affaiblir, puis elle disparaît entièrement. Si tu peux te dire: « Voici un jour que je ne me suis pas affligé; en voici deux; puis voici deux mois, voici trois mois; j’ai veillé sur moi, quand il s’est présenté des choses qui pouvaient me contrarier, » sache que tout va bien chez toi. »
