
Anticiper les petites contrariétés avant qu’elles n’arrivent t’aide à préserver ta liberté intérieure et à rester serein quoi qu’il se passe.
Chez les anciens, on se baignait le matin, le soir, avant le repas, avant de prendre quelque résolution importante, quelquefois avant de se décider à vivre ou à mourir. Le bain, disaient les anciens, fortifie les membres et allège l’esprit. La plupart des sources étaient consacrées à Hercule, le dieu de la force. Aux bains, les diverses classes de la société antique se trouvaient un instant mélangé : hommes du peuples et classes supérieures. Les empereurs mêmes ne dédaignaient pas d’aller parfois aux thermes publics.
Aussi les bains publics dans l'Antiquité étaient des lieux sociaux très fréquentés où les interactions pouvaient rapidement devenir chaotiques ou désagréables, à cause de la foule, des comportements irrespectueux, voire du vol.
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« Quand tu es sur le point d’entreprendre quelque action, rappelles-en ta mémoire de quelle nature est cette action. Vas-tu te baigner, représente-toi ce qui se passe aux bains, les gens qui jettent de l’eau aux autres, qui les poussent, qui les injurient, qui les volent, et tu entreprendras plus sûrement ton action, si tu te dis tout d’abord : je veux me baigner, mais je veux aussi conserver mon libre-arbitre [l'importance de maintenir la maîtrise de soi et la sérénité intérieure dans des situations potentiellement perturbatrices ou stressantes] conforme à la nature.
Et de même dans chaque action. Car de cette manière, si pendant le bain quelque empêchement te survient, tu seras prêt à dire : Je ne voulais pas seulement me baigner, mais aussi conserver mon libre-arbitre conforme à la nature ; et je ne le conserverai pas si je m’irrite contre ce qui arrive. »
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Face aux aléas de la vie,
aux désagréments à venir,
Epictète te souligne l'importance de l'anticipation, non pas dans un esprit de pessimisme, mais dans une démarche visant à préserver ta sérénité intérieure, ce qu’il appelle ton « libre-arbitre », face à des situations potentiellement perturbantes.
Ce bain, c’est une métaphore à toutes les expériences de la vie. Avant de plonger dans l'eau – ou dans toute entreprise –, il faut que tu envisages les désagréments possibles.
C'est une forme de mise en condition,
un entraînement de l'esprit
à rester imperturbable,
quelle que soit la turbulence extérieure.
Le vrai défi n'est pas l'action en elle-même, mais la manière dont tu y réagis.
Et donc quand tu anticipes les obstacles, non seulement tu te prépares mentalement à les affronter, mais tu prends également la décision consciente de ne pas laisser ces obstacles perturber ton équilibre intérieur.
Il faut que tu sois prêt non pas à éviter l'inévitable, mais à accueillir chaque situation avec équanimité
Mais, {{username}},
ce texte
ne parle pas seulement de se préparer aux désagréments.
Il parle profondément de la liberté.
La vraie liberté, réside dans ta capacité à maintenir ton calme en tout temps. C’est cela que Epictète appelle « son libre-arbitre conformément à la nature » : c’est la décision que tu as prise, ou que tu devrais prendre bientôt alors que tu poursuis son apprentissage du stoïcisme, de garder le calme, de rester tempéré en toutes situations.
Le message fondamental est celui-ci :
tu as toujours
le choix
de comment
tu réponds
aux événements de la vie,
et ce choix est le fondement de notre liberté. Car au fond, lorsque tu te laisses emporté malgré toi, lorsque la colère a pris le dessus, tu as perdu ta liberté, puisque c’est à elle que tu as cédé. Cette colère, cette émotion qui t’est extérieure a fait le choix, à ta place. 1