
Il y a ce que l’on comprend, et ce qui nous échappe. Entre les deux, parfois, naît un apaisement inattendu.
J’ai un rapport ambigu avec les citations.
Parfois, je les trouve vide. On les pose là comme ça, comme des nains de jardin au milieu d’une pelouse en pensant qu’elles vont être du plus bel effet. ; mais souvent, tout comme le nain de jardin devrait rester dans ce pays imaginaire qui n’existe pas dans notre monde réel, et épargner nos jardins de la laideur qu’ils leur confèrent, les citations posées là, comme ça, ne sont souvent pas d’un plus effet : comme un nain de jardin au milieu d’une pelouse bien tondue. A la rigueur, si un nain de jardin devait exister, il devrait vivre ou milieu d’une vieille forêt, sombre et qui sent le champignon ; mais pas sur le gazon tondu des beaux-parents.
J’espère que tu me suis dans cette analogie que je suis allé chercher loin.
Toujours est-il, qu’une citation peut avoir un effet marquant sur les gens, moi y compris.
Et donc je tombe sur celle-ci de Goethe :
« Le plus grand bonheur de l’homme qui pense, c’est d’avoir étudié le connaissable, et d’admirer paisiblement l’inconnaissable ». 1
J’adore cette citation pour deux raisons {{username}}.
La première, c’est que l’humanité jouit lorsqu’elle apprend. Nous aimons tous connaître des choses. D’ailleurs, il est intéressant de constater que si Maslow n’a pas inclus le besoin cognitif dans sa célèbre pyramide ; lorsqu’il la pensa en 1970, mais l’aurait rajouté plus tard (en plus du besoin dit esthétique).
La deuxième raison pour laquelle j’aime cette citation, et qu’elle incarne une vision profondément stoïcienne du Monde, à laquelle comme tu le sais, j’ai choisi d’adhérer : il a ce que l’on sait, ce que l’on étudie (le connaissable), et ce qui nous échappe, qui est hors de notre compréhension (l’inconnaissable). Et pourtant, l’un comme l’autre son merveilleux.
« Admirer paisiblement l’inconnaissable » comme l’a poétiquement formulé le polymathe Allemand du 18ème, c’est faire confiance en la vie pour tout ce qu’elle a de surprenant et d’incertain. Pour tout ce qui dépasse notre compréhension, qui n’est non-seulement pas à la portée de notre intellect, mais qui en plus recèle en elle une part de mystère qui rend nos jours heureux.
Et cette citation vois-tu, en mon sens lie merveilleusement ce qui nous lie toi et moi je suppose : l’amour de la connaissance, de comprendre les choses, de rechercher la vérité, tout en acceptant ce qui est au-delà de notre entendement.
Alors, peux-tu penser, pourquoi classer cette citation dans ce programme « ne te fais pas de soucis » ? Et bien parce qu’elle est le reflet de ma pensé stoïcienne : celle de choisir de croire qu’il existe quelque chose au-delà de nous-mêmes, un Ordre Cosmique, une Raison Universelle comme l’appellent les stoïciens, quelque chose d’impalpable, qui donne du sens à ce que nous connaissons.