Peut-être as-tu déjà essayé de méditer, et comme moi, tu as failli au bout de quelques jours. Tu ne parviens plus à mettre quelques minutes de côté pour t’y dédier, et ainsi, la bonne résolution que tu avais prise disparait en même temps que tes espoirs de guérison.
Et pourtant, les bénéfices sont incommensurables, désormais reconnus sans réserve par la communauté scientifique.
Je vais commencer par expliquer ce qui se passe quand tu médites.
Quand tu t’adonnes à la pratique, deux phénomènes importants ont lieu :
>> Changement d’état
Quand tu médites, tu passes de l’esprit analytique (conscient) à l’esprit subconscient. Tu quittes cet esprit analytique pour accéder à ton subconscient, l’endroit où résident tous tes comportements, toutes les habitudes que tu as ancré en toi – et notamment celles de penser à celle qui est devenu malgré toi ton ex. Le seul objectif de la méditation est de reprogrammer ce subconscient, de le libérer des idées malfaisantes qui affluent depuis ce subconscient, vers ton mental. C’est seulement par l’accès à un état particulier que te permet la méditation, que tu peux changer ce subconscient, je vais t’en parler dans un instant.
>> Neuroplasticité
Quand tu médites, ton cerveau change. Oui nous évoluons tous sur la base de notre bagage génétique, de notre environnement, de la culture à laquelle nous appartenons ; mais les recherches scientifiques dans le domaine de la neuroplasticité ont démontré que toute forme d’entraînement prolongée induit une restructuration du cerveau. Ton cerveau est donc malléable, il évolue constamment dès lors qu’il est exposé à de nouvelles situations. Il peut valider de nouveaux systèmes de pensées et invalider d’autres. De nouvelles neurones et de nouveaux circuits neuronaux se créent ainsi chaque jour. La méditation est l’une des manières d’y parvenir.
Les deux phénomènes fonctionnent ensemble évidemment.
Tu peux pratiquer la méditation de plusieurs manières :
- En pleine conscience, en portant ton attention sur l’instant présent, sans jugement.
- En faisant le vide, en laissant les pensées s’évanouir, à la manière des pratiquants du bouddhisme zen.
- À travers des méditations guidées, comme celles que je te propose dans l’application.
- Et d’une manière moins connue, une approche où tu choisis consciemment le changement. Celle-ci se déroule en trois étapes et s’inspire d’un livre qu’un ami, profondément spirituel, m’avait recommandé il y a quelques années. 1
- Désapprentissage : En tibétain, le mot méditation signifie « se familiariser avec ». Il te faut dans un premier temps, prendre conscience du système opératoire actuel du subconscient : le « vieux soi », celui dont tu veux te séparer, les programmes inconscients qui régissent à l’heure actuelle, tes pensées. Et c’est précisément en prenant l’habitude d’observer cette veille personnalité que tu commences consciemment à t’en détacher, puisque tu te dissocies d’elle, en étant capable de la caractériser, et par conséquence, de l’isoler.
- Décide de cesser d’être malheureux. Cela veut dire élaguer le matériel neurologique de ton vieux toi. C’est, formulé différemment, reprogrammer ton cerveau, casser ce matériel dont tu veux te séparer. Tout cela est possible grâce à la neuroplasticité dont je t’ai parlé plus haut.
- Se voir heureux à nouveau. Décider de son nouveau soi, créer un nouveau modèle de pensée. Rentrer dans une forme de contemplation de ce nouveau soi que l’on voudrait être, en en faisant même l’expérience (encore) irréelle de l’intérieur. Expérience qui va effacer le vieux soi pour le remplacer par le nouveau. Si tu répètes l’intention régulièrement, tous les jours, ton « toi idéal » te devient alors quelque chose de familier. L’intention se transforme en émotion, tu deviens apaisé, presque heureux. Ton corps réagit en fait comme si la pensée était déjà réalité, car ton cerveau envoie désormais un signal différent de celui du vieux toi, un signal désormais porteur d’envie que les choses changent.
Une seconde traduction en sanskrit cette fois-ci de la méditation est « cultiver le soi ». Cette définition représente bien le parcours en trois étapes que je viens de te décrire : comme dans la nature, la terre doit être labourée avec le nouveau terreau pour faciliter la germination de nouvelles graines et l’enracinement des jeunes pousses, les mauvaises herbes elles, sont enlevées avec les pierres qui empêchent la croissance, afin que la récolte soit la plus fructueuse possible, le tout dans un travail conscient et planifié. Je te laisse prendre une seconde pour penser à l’analogie évidente avec la méditation.
Maintenant,
Pourquoi est-il nécessaire de faire ce travail en état de méditation ? Comme je l’ai dit plus haut, le travail pour se sentir mieux, doit être mené au niveau du subconscient. Ce que la méditation précisément permet. Pourrais-tu accéder au même résultat sans ? Probablement, mais dans quel délai ? La méditation est un accélérateur de bonheur.
Tu vois, la connexion est évidente :
- L'esprit analytique (conscient) fonctionne en ondes cérébrales Beta—un état de vigilance accrue, de résolution de problèmes et de pensée critique. C'est l'état dans lequel nous passons la majeure partie de notre journée, pris dans des cycles d’analyse, de stress et de surmenage mental.
- L'esprit subconscient opère en ondes Alpha et Theta—des états associés à la relaxation profonde, à la créativité et à une plus grande réceptivité au changement. C’est ici que la véritable transformation a lieu, où de nouvelles croyances peuvent s’ancrer et où nous pouvons reprogrammer notre monde intérieur.
La méditation est le pont qui nous fait passer des ondes Beta aux ondes Alpha et Theta, ouvrant ainsi l’accès au subconscient et permettant à la transformation de se produire.
L’apaisement que tu ressens quand tu médites, c’est le passage des ondes bêta aux ondes alpha/thêta. Comme je te l’ai dit plus haut, c’est le passage de l’esprit analytique conscient, à l’esprit subconscient ; là où résident tes habitudes, indésirables, celles liés aux émotions et mécanismes neuronaux que tu as malgré toi mise en place au moment de ta rupture. Expliqué autrement, lorsque tu médites, tu passes d’un système de protection d’urgence conscient (action/réactions/obsessions) désaccordé et déséquilibré – où règnent les ondes bêta, à un système de construction à long terme (stabilisation/réparation/intuition) cohérent et harmonieux – où règnent les ondes alpha/thêta. En méditation, tes ondes cérébrales sont ainsi plus ordonnées, abreuvant ton cerveau d’émotions simples, saines et constructrices. On appelle cela la synchronie neuronale : les neurones dans différentes régions du cerveau se synchronisent (du fait d’un troisième types d’ondes appelées gamma), c'est-à-dire qu'ils émettent des signaux électriques de manière coordonnée à des fréquences similaires, favorisant ainsi la relaxation et la régulation des émotions. Du fait de l’intégration globale des différentes régions cérébrales, le système nerveux se rééquilibre, et l’énergie qu’il consommait jusqu’alors pour son système de protection peut être désormais utilisée pour son système de construction.
Voilà ce que je voulais te dire sur la méditation.
Cela m’a semblé nécessaire pour t’expliquer (si besoin en était) les mécanismes et bienfaits de la médiation, pour te persuader de la pratiquer. J’espère que ce long exposé t’a convaincu de (commencer à) méditer.
Si tu te demandes comment faire, il n’y a pas à chercher très loin : trouve un lieu calme, prends une posture en tailleur ou assise le dos bien droit, mains posées sur les genoux ou l’une d’en l’autre, à plat, et médite, pendant vingt minutes. Concentre-toi sur ta respiration, ou laisse aller et venir les pensées comme elles se présentent à toi, sans t’y attacher. Le secret, comme tant de choses dans la vie, c’est l’assiduité. Fais-le chaque jour, ou tous les deux jours, même si tu ne peux pas faire vingt minutes mais seulement trois, c’est déjà ça. Mais soit constant.
Maintenant, mets-le en œuvre.
